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L’époque : la guerre froide.
Le lieu : Cuba, La Havane, donde "hace demasiado calor " (mais où, pour peu qu’on sache où se placer "hay mucho corriente") à la fin du règne du dictateur Fulgencio Batista avec sa chaleur donc, ses… bordels, ses "théâtres" érotiques, ses tripots, ses personnages (on pense au Tanger du "Festin Nu" de William Burroughs, qui se déroule d’ailleurs vers la même époque) ,
Les personnages, justement :
- un sujet de sa majesté britannique, marchand d’aspirateurs "à suceur à rotule à double action" (qui a du mal à vendre le nouveau modèle "Atomic", certaines clientes s’inquiétant de leur radioactivité), agent des Services secrets britanniques malgré lui,
- sa très pieuse, très dispendieuse et très ravissante fille de 17 ans (son père est averti de son retour de l’école par "des coups de sifflets, non des sirènes" de ses admirateurs le long du chemin), qui plaît un peu trop au
- chef de la police locale, surnommé le "Vautour rouge" et qui possède un porte-cigarettes en peau humaine,
- un brave docteur (mais est-il bien docteur ?), ancien du régiment des "uhlans" du kaiser qui fait des expériences inutiles, mais, après tout, "Flemming a découvert la pénicilline par un de ces hasards qui favorisent les yeux inspirés",
- des agents doubles qui ne le sont pas vraiment (ou bien le sont-ils peut-être ?) mais qui restent malgré tout humains, trop humains,
- des mendiants aveugles qui sont mendiants mais pas si aveugles que ça,
L’espionnage n’est pas la tasse de thé de notre marchand d’aspirateurs : aussi se contente-t-il de transmettre à ses chefs des informations les plus fantaisistes (il leur fait croire, entre autres, que les plans d'un aspirateur qu’il leur communique sont ceux d'une mystérieuse arme qui ravale la bombe atomique au rang de la sarbacane).
Pourtant, son imagination finit par créer la réalité, pour le malheur de certains…
Vous vous en doutez, ce "roman d’espionnage" est plein d’humour et de tendresse humaine.
Graham Greene qualifiait lui-même son roman de "conte de fées" moderne : c’est vrai et voila qui dit en quelques mots ce que je viens d'essayer laborieusement de vous expliquer en plusieurs lignes.
Mais un conte de fées, toutefois, qui a la dent dure et dont la philosophie, peu "politiquement correcte" à l’époque est fort bien résumée dans l’épilogue.
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Que la honte soit sur moi jusqu’à a fin des temps !
Je ne connaissais de Georges Simenon que le très célèbre "Commissaire Maigret", et encore, même pas les romans, les séries télévisées (interprétées par Jean Richard et surtout par Bruno Cremer).
Je viens de découvrir "Simenon l’Américain" au travers de ce roman et, oui, je le dis comme je le pense, Georges Simenon était un grand écrivain.
"Le suicide ! Mais c’est la force de ceux qui n’en ont plus, c’est l’espoir de ceux qui ne croient plus, c’est le sublime courage des vaincus ! Oui, il y a au moins une porte à cette vie, nous pouvons toujours l’ouvrir et passer de l’autre côté.
La nature a eu un mouvement de pitié ; elle ne nous a pas emprisonnés.
Merci pour les désespérés !"
(L’endormeuse – Guy de Maupassant – Contes fantastiques)
"Ccchhh murmura Hal Korman derrière moi. Ça commence.
- C’est ça le mohel* ? murmura sa femme en retour.
- Et qu’est-ce que tu crois que c’est, le traiteur ? Ils ont tous la même tête.
- Un bonhomme de son âge ? Je n’aurais pas pris un vieux comme ça pour mon fils, moi, je n’aurais pas confiance.
- Ne sois pas ridicule. Il sait très bien ce qu’il doit faire. Il a de l’expérience. Crois-moi sur parole, mieux vaut trop que pas assez."
* mot hébreux désignant celui qui exécute la circoncision.